Le mémorial du massacre de Nankin est probablement l’un des lieux les plus marquants à visiter à Nanjing.

Ce n’est évidemment pas une visite légère. Le musée présente des photographies, des témoignages et des objets liés aux atrocités commises par l’armée impériale japonaise après la prise de la ville en décembre 1937.

Mais si tu souhaites mieux comprendre l’histoire de Chine, la mémoire collective chinoise et les tensions qui existent encore aujourd’hui entre la Chine et le Japon, c’est une visite incontournable.

J’ai vécu plus de cinq ans à Nankin et j’ai moi-même visité ce mémorial.

Dans ce guide, je te donne d’abord toutes les informations pratiques pour organiser ta visite.

Je t’expliquerai ensuite ce que tu vas découvrir à l’intérieur et pourquoi ce lieu est toujours aussi important pour les Chinois.

Informations pratiques pour visiter le mémorial de Nankin

Nom en français : Mémorial des victimes du massacre de Nankin

Nom en chinois : 侵华日军南京大屠杀遇难同胞纪念馆

Adresse : 418 Shuiximen Dajie, district de Jianye, Nanjing
南京市建邺区水西门大街418号

Métro : ligne 2, station Yunjinlu 云锦路, sortie 2

Horaires : de 8 h 30 à 17 h 30

Dernière entrée : 16 h 30

Jour de fermeture : le lundi, sauf certains jours fériés chinois

Prix : entrée gratuite

Durée de visite conseillée : entre deux et trois heures

En période de forte affluence, la sortie 3 de la station Yunjinlu peut être utilisée à la place de la sortie 2.

Comment se rendre au mémorial du massacre de Nankin ?

Le moyen le plus simple est de prendre la ligne 2 du métro de Nanjing et de descendre à la station Yunjinlu 云锦路.

Prends ensuite la sortie 2. L’entrée principale du mémorial se trouve à environ 200 mètres. Le trajet est très bien indiqué et tu verras probablement de nombreux visiteurs se diriger dans la même direction.

Pour retrouver facilement l’endroit dans une application chinoise comme Amap ou Baidu Maps, copie directement ce nom :

侵华日军南京大屠杀遇难同胞纪念馆

Je te conseille d’éviter le taxi aux heures de pointe. Le quartier peut devenir très encombré, notamment pendant les vacances scolaires chinoises et autour du 13 décembre.

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Faut-il réserver pour visiter le mémorial de Nankin ?

C’est le point qui pose le plus de problèmes aux voyageurs étrangers.

Lors de ma visite, je n’avais pas effectué de réservation en ligne. Je me suis simplement présenté avec mon passeport au centre d’accueil, près du guichet destiné aux visiteurs nécessitant une assistance particulière. Le personnel m’a indiqué la procédure à suivre et j’ai pu entrer.

Les visiteurs étrangers qui ne parviennent pas à utiliser le système chinois peuvent donc se présenter au centre de réservation et de services aux visiteurs, munis de leur passeport. 

Cependant, le règlement officiel actuel indique que tous les visiteurs doivent normalement effectuer une réservation nominative, y compris ceux qui utilisent un passeport étranger.

Les réservations ouvrent entre un et sept jours avant la visite, sur le compte WeChat officiel du mémorial mais il faut se connecter pile poil à l’heure pour réussir à réserver une place.

En clair, tu as deux possibilités :

La solution la plus sûre consiste à réserver à l’avance sur WeChat en renseignant ton numéro de passeport.

La solution de secours consiste à venir directement à l’ouverture avec ton passeport et à demander de l’aide au centre de services.

Je te déconseille de compter uniquement sur une réservation sur place pendant un week-end ou des vacances chinoises. Le musée attire énormément de monde et les créneaux peuvent être complets.

Quel est le meilleur moment pour visiter le mémorial ?

Essaie d’arriver entre 8 h 30 et 9 h 30, surtout pendant l’été.

Le mémorial accueille de nombreux groupes scolaires, des familles et des voyages organisés. En arrivant tôt, tu éviteras une partie de la foule et tu pourras avancer plus tranquillement dans les salles.

Évite si possible :

  • les samedis et dimanches ;
  • les vacances scolaires chinoises ;
  • les grandes périodes de congés comme la fête nationale du 1er octobre ;
  • le 13 décembre, journée nationale de commémoration.

Chaque 13 décembre, une cérémonie officielle est organisée à Nankin. À 10 h 01, les sirènes retentissent dans la ville pendant une minute. Les voitures s’arrêtent, les conducteurs klaxonnent et les passants restent immobiles en hommage aux victimes.

J’ai vécu ce moment plusieurs fois lorsque j’habitais à Nankin. Même quand tu connais la raison, cela produit toujours un effet étrange. Une ville immense et bruyante se fige soudainement, tandis que des millions de personnes pensent au même événement.

Combien de temps faut-il prévoir ?

Prévois au minimum deux heures.

Une visite de trois heures permet de lire davantage de témoignages, de regarder les documents historiques et de parcourir les espaces extérieurs sans se presser.

Le site est beaucoup plus vaste qu’un simple musée. Il comprend notamment des salles d’exposition, des espaces de commémoration, des sculptures, un mur portant les noms des victimes et un site où des restes humains ont été découverts.

Les contenus étant particulièrement lourds, il est aussi possible que tu aies besoin de faire quelques pauses pendant la visite.

Est-ce que la visite du mémorial de Nankin vaut le coup ?

Oui, clairement, à condition de savoir où tu mets les pieds.

Ce n’est pas un lieu que l’on visite pour admirer une belle architecture ou passer un moment agréable. C’est un mémorial consacré à un massacre, avec des images parfois très difficiles à regarder.

Mais c’est aussi l’un des meilleurs endroits pour comprendre la Chine contemporaine.

Après cette visite, beaucoup de réactions chinoises concernant le Japon deviennent plus faciles à comprendre.

Tu réalises que les tensions entre les deux pays ne reposent pas uniquement sur des disputes politiques actuelles. Elles sont également liées à une mémoire familiale et nationale encore très présente.

Que découvre-t-on à l’intérieur du mémorial ?

Dès l’entrée, un chiffre apparaît partout : 300 000 victimes.

C’est le nombre officiellement retenu et commémoré par le mémorial. Les estimations historiques du nombre exact de victimes diffèrent selon les sources et les périmètres étudiés.

Le tribunal allié de l’après-guerre avait par exemple retenu un bilan inférieur, tandis que la Chine commémore officiellement 300 000 morts.

Mais ce ne sont pas forcément les chiffres qui marquent le plus. Ce sont les visages.

Le mémorial présente des portraits, des noms, des photographies de famille et des objets personnels. Cette mise en scène transforme immédiatement une statistique gigantesque en destins individuels.

Quand on entend parler de plusieurs centaines de milliers de morts, notre cerveau comprend que le bilan est terrible. Pourtant, le chiffre reste abstrait.

Puis tu regardes la photographie d’un enfant ou d’une famille. Tu découvres la vie que ces personnes avaient avant la guerre. Soudain, tu ne regardes plus une statistique. Tu regardes quelqu’un qui aurait pu faire partie de ta propre famille.

Que s’est-il passé à Nankin en 1937 ?

En 1937, Nankin était la capitale de la République de Chine.

La guerre entre la Chine et le Japon avait déjà commencé. Après des combats extrêmement violents à Shanghai, l’armée japonaise progressa vers Nankin.

Face à son arrivée, le gouvernement chinois quitta la ville. Une partie des soldats se retira, mais des centaines de milliers de civils restèrent sur place.

Le 13 décembre 1937, l’armée japonaise entra dans Nankin.

Pendant les semaines suivantes, des soldats chinois désarmés furent exécutés et de nombreux civils furent tués. La ville connut également des viols massifs, des pillages et des destructions.

Les expositions du mémorial racontent cette période à travers des photographies, des films, des documents militaires et les témoignages de survivants.

Certains étrangers restés dans la ville ont également recueilli des preuves et tenté de protéger les civils, notamment à l’intérieur de la zone de sécurité de Nankin.

Pourquoi cette visite est-elle aussi éprouvante ?

Plus tu avances dans le musée, plus les documents deviennent difficiles à regarder.

Les photographies ne montrent pas uniquement les conséquences d’une bataille militaire. Elles révèlent une violence exercée contre des personnes désarmées et des familles qui n’avaient aucun moyen de se défendre.

Certains espaces permettent de déposer des fleurs et de se recueillir.

Le comportement des visiteurs est généralement très silencieux. Même lorsqu’il y a beaucoup de monde, l’ambiance reste lourde et solennelle.

Il faut également respecter les règles du mémorial. Les photographies au flash sont interdites et il est interdit de photographier ou de filmer les restes humains présentés sur le site. Une tenue et une attitude respectueuses sont demandées.

Pourquoi la Chine n’a-t-elle toujours pas pardonné au Japon ?

C’est probablement la question qui revient le plus souvent après la visite.

On entend parfois que le Japon ne s’est jamais excusé pour les crimes commis pendant la guerre. En réalité, cette affirmation est trop simple.

Plusieurs responsables japonais ont officiellement reconnu les souffrances provoquées par l’agression et la domination coloniale du Japon. En 1995, le Premier ministre Tomiichi Murayama a notamment exprimé ses profonds remords et présenté des excuses officielles aux victimes.

La Chine et le Japon ont également signé un traité de paix et d’amitié en 1978 afin de consolider leurs relations.

Le problème vient surtout du décalage entre ces déclarations officielles et certains discours tenus ensuite au Japon.

Des personnalités politiques japonaises ont parfois minimisé les crimes de Nankin. D’autres ont rendu hommage au sanctuaire de Yasukuni, où sont notamment honorés plusieurs dirigeants condamnés après la guerre.

Après 1945, sept hauts responsables japonais jugés par le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient furent condamnés à mort et seize reçurent une peine de prison à vie. L’empereur Hirohito, en revanche, ne fut pas poursuivi.

Pour beaucoup de Chinois, ces contradictions donnent l’impression que les excuses peuvent être remises en cause à tout moment.

Il faut toutefois éviter de mettre toute la population japonaise dans le même panier.

De nombreux historiens, journalistes et citoyens japonais reconnaissent pleinement les crimes commis à Nankin. Certains ont même consacré une partie de leur vie à recueillir des témoignages et à préserver cette mémoire.

Un mémorial tourné vers la paix

Malgré la violence des expositions, le message final du mémorial n’est pas un appel à la haine contre le Japon.

Tout au long du parcours, on retrouve des références à la paix, à la mémoire et à la réconciliation. Le site organise également des projets d’éducation à la paix et des échanges internationaux.

À la fin de la visite, on arrive dans un espace beaucoup plus lumineux, dominé par une grande statue consacrée à la paix.

Le message peut se résumer simplement :

Ne pas oublier, pour que cela ne se reproduise jamais.

Le mémorial rappelle aussi une idée centrale dans le récit historique chinois : un pays trop faible pour protéger sa population risque de subir les décisions et la violence de puissances étrangères.

Cette idée explique en partie pourquoi l’expression du « siècle des humiliations » occupe encore une place aussi importante dans la politique et la société chinoises.

Mon avis sur la visite

Le mémorial du massacre de Nankin est l’un des lieux les plus importants de la ville.

Ce n’est pas forcément la visite que je conseillerais en premier à une famille avec de jeunes enfants, car certaines images sont particulièrement difficiles. Pour un adolescent intéressé par l’histoire, la visite peut en revanche être très instructive, à condition de l’accompagner et de lui expliquer le contexte.

Personnellement, ce sont surtout les portraits et les histoires individuelles qui m’ont marqué. Les chiffres impressionnent, mais les visages restent beaucoup plus longtemps en mémoire.

La visite permet aussi de comprendre que la relation entre la Chine et le Japon ressemble encore aujourd’hui à une blessure mal cicatrisée.

La plupart du temps, les touristes voyagent entre les deux pays et les entreprises travaillent ensemble. Mais il suffit d’un discours ambigu, d’une commémoration controversée ou d’une nouvelle tension politique pour que toute l’histoire remonte à la surface.

Après avoir visité ce mémorial, on comprend beaucoup mieux pourquoi.

Mes conseils avant de visiter le mémorial de Nankin

Viens tôt, idéalement dès l’ouverture à 8 h 30.

Garde ton passeport sur toi, même si tu as déjà réservé avec ton numéro de document.

Prévois deux à trois heures et évite de placer une autre visite émotionnellement difficile juste après.

Porte une tenue correcte et reste discret lorsque tu prends des photographies.

Enfin, ne viens pas uniquement pour chercher des images spectaculaires. Prends le temps de lire les témoignages et de regarder les objets personnels. C’est là que la visite prend réellement tout son sens.

Questions fréquentes

L’entrée du mémorial de Nankin est-elle gratuite ?

Oui. L’entrée est gratuite, mais une réservation nominative est officiellement demandée.

Le mémorial est-il ouvert le lundi ?

Non. Il est normalement fermé chaque lundi, sauf lorsqu’un jour férié officiel entraîne une ouverture exceptionnelle.

Peut-on visiter le mémorial avec un passeport étranger ?

Oui. Le passeport fait partie des documents acceptés. En cas de difficulté avec la réservation WeChat, présente-toi au centre de services aux visiteurs avec ton passeport. L’entrée le jour même dépendra toutefois des places restantes.

Combien de temps dure la visite ?

Compte environ deux heures pour le parcours principal et jusqu’à trois heures pour une visite plus complète.

Les explications sont-elles disponibles en anglais ?

Une partie importante des textes est traduite en anglais, même si certaines informations secondaires restent uniquement en chinois.

Peut-on prendre des photos ?

Les photos sont autorisées dans certaines parties du site, mais le flash est interdit. Il est également interdit de photographier ou de filmer les restes humains exposés.

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