Apprendre du vocabulaire en chinois peut vite devenir compliqué.

Au début, on apprend quelques dizaines de mots et tout va bien.

Puis le vocabulaire commence à s’accumuler. On rencontre de nouveaux mots dans ses cours, dans des vidéos, pendant des conversations ou simplement en voyage en Chine.

Et surtout, il ne suffit pas de comprendre un mot une fois pour être capable de le réutiliser plusieurs semaines plus tard.

C’est la raison pour laquelle j’utilise depuis maintenant une dizaine d’années un système très simple pour apprendre mon vocabulaire chinois.

Ma méthode a finalement assez peu changé avec le temps, malgré l’arrivée de nouvelles applications et des outils d’intelligence artificielle.

Elle me demande environ 15 minutes par jour et repose principalement sur deux outils : Pleco et Anki.

Dans cette leçon pratique, je vais t’expliquer exactement comment elle fonctionne.

Étape 1 : créer une « grosse base » de vocabulaire chinois

La première étape consiste à avoir un endroit dans lequel stocker tous les mots chinois intéressants que tu rencontres.

Personnellement, j’appelle ça ma grosse liste.

Tu peux rencontrer un nouveau mot pendant un cours de chinois, au cours d’une conversation avec un ami chinois ou pendant un voyage.

Quand je suis arrivé en Chine pour la première fois, par exemple, j’avais envie d’apprendre énormément de mots que je voyais dans la rue.

Le problème, c’est qu’il est impossible de travailler immédiatement tous les nouveaux mots que l’on rencontre.

Il faut donc commencer par les stocker quelque part.

Tu peux parfaitement utiliser un cahier papier. Personnellement, j’utilise Pleco.

Pourquoi j’utilise Pleco pour apprendre le vocabulaire chinois

Pleco est avant tout connu comme un dictionnaire chinois.

Tu peux rechercher un mot en tapant son pinyin ou directement ses caractères chinois et obtenir sa définition.

Mais Pleco permet également de créer des listes de vocabulaire.

Quand je rencontre un mot intéressant, je vérifie donc rapidement sa signification. S’il me paraît utile, je l’ajoute immédiatement à ma grosse liste.

À ce stade, je ne cherche pas forcément à l’apprendre.

Je le stocke simplement pour pouvoir y revenir plus tard.

Et tu peux être assez généreux avec cette liste. Son rôle est justement de servir de fourre-tout dans lequel tu vas placer les mots qui attirent ton attention.

Étape 2 : faire une phase de « R&D » sur les nouveaux mots

Ensuite vient une étape particulièrement importante de ma méthode.

Je l’appelle ma phase de R&D, pour « recherche et développement ».

Quand j’ai envie d’apprendre de nouveaux mots chinois, je retourne dans ma grosse liste et j’en sélectionne quelques-uns.

Mais avant de chercher à les mémoriser, j’essaye de mieux les comprendre.

Je commence par me demander si le mot mérite réellement d’être appris.

Car entre le moment où tu rencontres un mot et celui où tu décides de l’apprendre, tu peux te rendre compte qu’il ne te sera finalement pas très utile.

Ensuite, j’essaye de comprendre comment fonctionne le mot.

Est-ce un nom ? Un verbe ? Un adjectif ?

Si je connais déjà un autre mot chinois avec une signification similaire, quelle est la différence entre les deux ?

Dans quelles situations utilise-t-on ce nouveau mot ?

Avec quels autres mots est-il souvent employé ?

Cette phase est essentielle parce qu’un mot chinois possède rarement un équivalent français parfaitement identique dans toutes les situations.

Pour faire ces recherches, tu peux demander des explications à ton professeur, chercher des exemples sur Internet ou utiliser une IA.

Pleco est également très pratique puisqu’il permet de consulter des exemples de phrases et différentes informations sur le mot.

Une fois que j’ai compris le fonctionnement du mot et décidé qu’il méritait d’être appris, je le fais passer dans ma petite liste.

Étape 3 : créer une petite base de 10 à 15 mots chinois

Contrairement à la grosse liste, la petite liste doit rester… petite.

Pour un débutant, je recommande environ 10 à 15 mots.

Si tu es déjà plus à l’aise, tu peux éventuellement monter à une vingtaine de mots.

Mais évite d’en ajouter trop.

L’objectif de cette liste est de travailler chaque jour pendant environ 15 minutes sur un nombre limité de mots.

C’est ici que commence véritablement le travail de mémorisation.

Étape 4 : retrouver le pinyin, les tons et le sens à partir des caractères

Pour chaque mot de ma petite liste, je commence par afficher uniquement les caractères chinois.

Puis j’essaye de retrouver de mémoire :

  • le pinyin et les tons ;
  • la signification du mot ;
  • le contexte dans lequel je l’ai rencontré ;
  • une phrase dans laquelle je pourrais l’utiliser.

Tu peux faire cet exercice avec un cahier et cacher les réponses.

Personnellement, j’utilise la fonction de test des flashcards de Pleco.

L’avantage est que l’application peut mélanger les mots de la liste. Je ne les révise donc pas toujours dans le même ordre.

Pendant environ 15 minutes, je fais plusieurs passages sur ma petite liste.

Et progressivement, les mots deviennent de plus en plus faciles à retrouver.

Étape 5 : faire le chemin inverse

Il reste cependant une étape que je trouve particulièrement importante.

Car reconnaître un mot chinois lorsque tu vois les caractères est une chose.

Être capable de retrouver ce même mot lorsque tu veux l’utiliser en est une autre.

Je fais donc également l’exercice dans le sens inverse.

Cette fois, je pars de la définition française et j’essaye de retrouver le mot chinois.

Je dois être capable de retrouver sa prononciation, ses tons et ses caractères.

Et si je travaille l’écriture, je trace également les caractères à la main.

Pleco permet justement de faire ce type de test et de dessiner directement les caractères avec le doigt ou avec un stylet.

Quand je suis capable de retrouver correctement le mot à partir de sa définition, je considère qu’il est suffisamment maîtrisé pour quitter ma petite liste.

Il passe alors à la dernière étape de mon système.

Étape 6 : transférer le mot dans Anki

Une fois qu’un mot est validé, je le transfère dans Anki.

Anki est un logiciel de flashcards basé sur un système de répétition espacée, souvent appelé SRS.

Le principe est simple : au lieu de réviser tous tes mots tous les jours, Anki va progressivement espacer les révisions.

Lorsqu’un mot est encore fragile, tu vas le revoir relativement rapidement.

Puis, à mesure que tu le mémorises, l’intervalle avant la prochaine révision va s’allonger.

C’est particulièrement utile lorsqu’on apprend le chinois depuis plusieurs années.

Car le véritable problème finit par devenir la quantité de vocabulaire accumulée.

Tu ne peux évidemment pas réviser manuellement chaque jour les centaines ou les milliers de mots que tu as appris.

Le SRS permet donc de gérer automatiquement tes révisions.

À lire aussi : Mémoriser le vocabulaire chinois facilement : La méthode scientifique

Que mettre sur une carte Anki pour apprendre le chinois ?

Personnellement, j’aime créer mes cartes moi-même.

Une carte peut contenir les caractères chinois, le pinyin, la définition et des exemples d’utilisation.

Tu peux également ajouter de l’audio si tu en as besoin.

Mais surtout, je considère mes cartes comme quelque chose de vivant.

Si je rencontre plus tard une nouvelle utilisation intéressante d’un mot, je peux revenir sur ma carte et l’enrichir.

C’est particulièrement utile en chinois parce que ta compréhension d’un mot évolue avec ton niveau.

Un mot que tu avais résumé par une simple traduction française lorsque tu étais débutant peut prendre beaucoup plus de nuances quelques années plus tard.

Pourquoi je sépare Pleco et Anki

On pourrait évidemment tout faire directement dans Anki.

Mais je préfère séparer les différentes étapes.

Pleco me sert à découvrir, stocker et travailler les nouveaux mots.

Puis, une fois qu’un mot est suffisamment bien compris et mémorisé, Anki prend le relais pour la mémorisation à long terme.

Cette distinction m’évite notamment de créer immédiatement une carte Anki pour chaque nouveau mot rencontré.

Car tous les mots ne méritent pas forcément d’être mémorisés.

Et surtout, je préfère comprendre correctement un mot avant de commencer à le réviser pendant plusieurs mois ou plusieurs années.

Ma méthode pour apprendre le vocabulaire chinois en résumé

Mon système fonctionne donc comme un entonnoir.

1. La grosse liste

J’y stocke librement les nouveaux mots chinois que je rencontre et qui me semblent intéressants.

2. La petite liste

Je sélectionne les mots que je veux réellement apprendre, je fais mes recherches dessus et je les travaille environ 15 minutes par jour.

3. Anki

Une fois les mots maîtrisés dans les deux sens, je les transforme en cartes afin de les réviser sur le long terme grâce à la répétition espacée.

Et c’est essentiellement tout.

J’utilise cette méthode depuis une dizaine d’années et elle me permet de continuer à enrichir mon vocabulaire sans passer des heures chaque jour à réviser des listes de mots.

Le plus important reste d’avoir un système suffisamment simple pour pouvoir l’utiliser quotidiennement.

Car avec le vocabulaire chinois, ce sont les petites séances répétées pendant des mois et des années qui finissent par faire une énorme différence.

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On commence par les fondamentaux, notamment la prononciation et les tons, puis tu vas progressivement apprendre à comprendre et construire tes premières phrases.

Le but est surtout de te donner des bases solides pour continuer à progresser sereinement et commencer à te débrouiller dans des situations simples, notamment si tu prépares un voyage en Chine.

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